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Il y a quelque temps, j’ai compris l’ego à un autre niveau.
Et cette compréhension a complètement changé ma façon de regarder mes réactions, mes émotions et même ma réalité.
Depuis maintenant deux ans, j’explore énormément ce que j’appelle l’ego blessé et l’impact qu’il peut avoir sur notre manière de vivre les événements.
Au départ, ma démarche était très simple : je voulais comprendre pourquoi je souffrais.
Et surtout, je ne voulais plus souffrir.
C’est avec cette intention que j’ai commencé à explorer différentes approches : les blessures de l’âme, la reprogrammation, la régulation du système nerveux, le journaling, l’observation de mes pensées et de mes réactions…
J’ai notamment découvert les travaux de Lise Bourbeau à travers son livre Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même.
Et plus j’étudiais l’ego blessé, plus une idée s’est installée en moi :
Et si, pour ne plus souffrir, je devais simplement ne plus avoir d’ego ?
Aujourd’hui, je vois les choses très différemment : nous avons besoin de notre ego. Oui. Nous avons besoin de notre ego. Et je dirais même que notre ego peut être un formidable allié.
Pourquoi ?
Parce qu’il participe notamment à notre capacité à identifier un danger, nous protéger, poser une limite et agir dans notre réalité concrète.
Nous sommes des êtres spirituels, conscients, capables d’imaginer l’infini, de ressentir notre intuition et d’accéder à une multitude de possibles ; mais nous sommes aussi des êtres humains : nous vivons dans une réalité 3D, nous avons un corps.
Ce corps est soumis à des contraintes physiques. Il a besoin de nourriture, de repos, de soins. Il peut être blessé. Il a une durée de vie limitée.
Alors je me suis longtemps demandé :
Pourquoi avons-nous un mental et un ego si notre bonheur se trouve dans la pleine conscience ?
Et puis j’ai compris quelque chose : notre mental n’est pas forcément notre ennemi.
Il nous permet de penser, d’analyser, d’anticiper, de faire des liens.
Nos pensées peuvent provoquer des émotions.
Et nos émotions peuvent nous signaler qu’il se passe quelque chose qui mérite notre attention.
À partir de là, nous pouvons observer la situation et décider comment agir.
C’est là que l’ego peut devenir protecteur.
Pas l’ego qui cherche à avoir raison.
Pas l’ego qui cherche à contrôler tout le monde.
Pas l’ego qui veut prouver sa valeur.
Mais l’ego qui nous permet de dire : « Là, quelque chose représente potentiellement un danger pour moi. Que puis-je faire pour me protéger ? »
Et cet ego-là ne me semble pas être un problème, au contraire.
Il peut nous permettre de retrouver notre pouvoir personnel dans la réalité concrète.
Alors, où est le problème ?
Le problème apparaît lorsque nous confondons l’ego et l’ego blessé, parce que l’ego blessé, lui, ne réagit pas uniquement à ce qui est en train de se passer. Il réagit aussi à ce que la situation réveille en nous.
Une situation présente peut faire remonter une ancienne émotion : injustice, trahison, abandon, rejet, humiliation, honte…
Et soudain, nous ne réagissons plus seulement au fait.
Nous réagissons à tout ce que ce fait représente pour nous.
C’est là que notre perception peut se déformer.
Un événement relativement neutre peut être interprété comme une menace parce qu’il ressemble, de près ou de loin, à quelque chose que nous avons déjà vécu. Et paradoxalement, alors que nous pensons nous protéger, nous pouvons être en train d’entretenir exactement la blessure que nous cherchons à éviter.
Ego ou ego blessé : comment faire la différence ?
Pour moi, une des distinctions les plus intéressantes se trouve dans ce que l’action produit ensuite en nous.
Lorsque je réagis depuis un ego qui me protège réellement, je peux ressentir quelque chose comme :
« Je sais ce que j’ai à faire. » et à partir de cet espace :
- Je pose une limite.
- Je demande une information.
- Je quitte une situation.
- Je dis non.
- Je me protège.
Et même si l’action n’est pas agréable, il peut y avoir derrière elle une sensation de justesse, de soulagement, de libération ou de reprise de pouvoir.
À l’inverse, lorsque je réagis depuis mon ego blessé, je ressens souvent davantage de tension :
- Je rumine.
- Je cherche à anticiper.
- Je veux contrôler.
- Je me justifie.
- Je menace parfois.
- Je veux absolument obtenir une réponse.
- Je veux que l’autre comprenne.
- Je veux éviter à tout prix que quelque chose arrive.
Et surtout, je ne réagis plus seulement à ce qui est. Je réagis à ce que mon mental imagine que cela pourrait provoquer.
Prenons un exemple très concret : l’argent et une dette
Imaginons que tu aies une dette à régler mais que tu ne disposes pas encore des renseignements nécessaires pour effectuer le paiement. Dans les faits, tu n’es pas en danger immédiat.
Il existe simplement un danger potentiel : par exemple, recevoir un recommandé si la situation n’est pas régularisée.
Tu n’aimes pas recevoir de recommandé. Ton cerveau le sait. Alors tu cherches les informations nécessaires pour éviter cette situation : tu te renseignes mais tu n’obtiens pas immédiatement les réponses dont tu as besoin.
Si tu fonctionnes depuis ton ego protecteur, tu peux te dire :
« D’accord. Je n’ai pas encore l’information. Quelles ressources sont disponibles pour moi ? »
Tu réfléchis, tu regardes les possibilités, tu te rappelles, par exemple, que tu bénéficies d’une protection juridique qui pourrait t’accompagner si nécessaire.
Mais surtout :
- Tu ne nies pas le problème.
- Tu ne fais pas semblant qu’il n’existe pas.
- Mais tu ne transformes pas non plus une possibilité future en catastrophe immédiate.
- Tu regardes le fait.
- Tu identifies le risque.
- Tu choisis une action.
- Et tu avances.
Maintenant, imagine que cette même situation réveille le souvenir d’une précédente mise en demeure. À l’époque, tu ne savais pas comment le règlement allait se passer. Tu avais eu peur.
Ton corps s’en souvient. Alors aujourd’hui, tu n’es plus seulement face à une dette.
Ton mental fait le lien : « Et si ça recommençait ? »
Puis : « Je vais recevoir un recommandé. »
Puis : « Je vais avoir des problèmes. »
Puis : « Personne ne répond à mes questions. »
Puis surtout :
- La peur augmente.
- Tu cherches encore davantage à obtenir une réponse.
- Tu n’en obtiens toujours pas.
- La peur devient colère.
- Tu menaces.
- Tu attaques.
- Tu te sens incomprise.
Et finalement, tu peux te retrouver exactement dans la situation que tu cherchais désespérément à éviter : tu reçois le recommandé.
Ce n’est pas parce que tu as « créé » magiquement le recommandé avec tes pensées.
C’est plutôt que ta réaction à partir de la blessure a pu modifier ta manière d’agir, de communiquer et d’interpréter la situation.
Et c’est là que cette distinction devient passionnante !
Autre exemple avec l’amour
Imagine maintenant que ton partenaire ne réponde pas à ton message pendant plusieurs heures.
Le fait est simple : il ne répond pas.
Ton ego peut observer : « Il ne répond pas. Je ne sais pas pourquoi. Je vais attendre ou lui demander directement lorsque nous nous verrons. »
Ton ego blessé, lui, peut immédiatement chercher une explication :
« Il m’évite. »
« Il n’a plus envie d’être avec moi. »
« Il préfère quelqu’un d’autre. »
« Je savais que je finirais abandonnée. »
Et à partir de là, tu peux te fermer, faire des reproches, provoquer une dispute, tester l’autre ou lui faire subir ce que tu redoutes de vivre.
Tu voulais éviter l’abandon.
Mais ta peur de l’abandon finit peut-être par créer une distance dans la relation.
Encore une fois, il ne s’agit pas de dire que tout ce qui nous arrive est créé par nos blessures.
L’autre possède son libre arbitre, les événements extérieurs existent, mais nous avons souvent beaucoup plus de pouvoir sur notre manière d’y répondre que nous ne le pensons.
Et au travail ?
Même chose : ton responsable te demande de refaire un travail.
Fait : il te demande une modification.
Ton ego peut entendre :
« D’accord. Qu’est-ce qui doit être modifié ? »
Ton ego blessé peut entendre :
« Mon travail n’est jamais assez bien. »
Et si ta blessure de rejet ou de honte est activée, tu peux te justifier pendant vingt minutes, te fermer, te mettre en colère ou décider que ton responsable ne reconnaît jamais ta valeur. Alors que : la demande initiale n’était peut-être qu’une demande de modification.
Tu n’étais pas nécessairement rejetée.
Tu n’étais pas nécessairement humiliée.
Tu n’étais pas nécessairement en danger.
Mais ton système intérieur, lui, a reconnu quelque chose qu’il connaît déjà et il a déclenché la protection.
Alors, comment savoir qui conduit ?
Voici les questions que j’aime aujourd’hui me poser lorsque je sens une réaction forte monter en moi.
Les questions de discernement
1. Quel est le fait, exactement ?
Sans interprétation.
Sans « il pense que ».
Sans « elle va sûrement ».
Juste le fait.
2. Est-ce que je suis réellement en danger maintenant ?
Ou suis-je face à un danger potentiel que mon mental est déjà en train de transformer en certitude ?
3. Est-ce que cette situation me rappelle quelque chose que j’ai déjà vécu ?
Si oui, qu’est-ce que cette situation réveille ?
4. Quelle émotion est présente ?
Peur ? Colère ? Injustice ? Rejet ? Abandon ? Honte ? Trahison ?
5. Est-ce que je réagis au présent ou à une ancienne expérience qui ressemble au présent ?
6. Qu’est-ce que mon mental est en train d’imaginer ?
Et surtout : est-ce un fait ou une possibilité ?
7. Si je savais que je suis parfaitement en sécurité, qu’est-ce que je ferais maintenant ?
8. Quelle action concrète me protégerait réellement ?
Pas une action destinée à faire disparaître mon émotion.
Une action qui répond réellement à la situation.
9. Est-ce que cette action me redonne du pouvoir ou cherche-t-elle à contrôler l’autre ou le résultat ?
10. Si je fais cette action, est-ce que je vais ressentir davantage de paix et de liberté ou davantage de tension et de peur ?
Et peut-être la question que je trouve aujourd’hui la plus puissante :
« Est-ce que je suis en train de me protéger ou d’essayer d’empêcher une ancienne blessure de se reproduire ? »
Parce que ce n’est pas la même chose.
Je ne cherche plus à supprimer mon ego
Et ça, pour moi, c’est une véritable libération.
Je n’ai plus envie de devenir une personne qui ne ressent rien.
Je n’ai plus envie de supprimer mon mental.
Je n’ai plus envie de faire disparaître mon ego.
Je veux apprendre à les écouter sans leur donner systématiquement les commandes.
Mon ego peut être un garde du corps.
Mon intuition peut être une boussole.
Mon mental peut être un outil.
Mes émotions peuvent être des messagères.
Et ma conscience peut observer tout cela.
Je n’ai pas besoin de supprimer une partie de moi pour être libre.
J’ai besoin d’apprendre à reconnaître qui est en train de parler.
Est-ce la peur ?
Est-ce une ancienne blessure ?
Est-ce mon mental qui cherche à anticiper ?
Ou est-ce simplement moi, ici et maintenant, qui observe un fait et choisit consciemment comment y répondre ?
Et peut-être que finalement, la liberté n’est pas de ne plus avoir d’ego.
La liberté, c’est de ne plus laisser notre ego blessé décider à notre place.
Pour aller plus loin
J’ai également consacré un épisode de mon podcast à cette réflexion.
Si tu préfères m’écouter plutôt que me lire, je t’y emmène encore plus loin dans cette distinction entre ego, ego blessé, mental, émotions et pouvoir personnel.
Et si tu sens que tu comprends intellectuellement tes blessures mais que, dans certaines situations, tu te retrouves encore à réagir malgré toi, c’est précisément là que l’accompagnement peut devenir intéressant.
UNION : un accompagnement individuel et personnalisé
Pendant un mois, nous travaillons ensemble sur ta situation, tes réactions, tes blessures et ce qui se joue réellement pour toi.
Pas de programme à suivre à la lettre.
Pas de solution toute faite.
Un espace pour aller voir ce qui se passe en profondeur et retrouver tes propres réponses.
GUÉRISON : le programme clé en main
Si tu préfères avancer à ton rythme avec une structure complète, GUÉRISON t’accompagne dans l’exploration des blessures qui peuvent influencer ta manière de penser, de ressentir et d’agir.
Et si tu arrêtais de vouloir te débarrasser de toi ?
Peut-être que la prochaine étape de ta transformation n’est pas de devenir quelqu’un qui ne souffre plus. Peut-être qu’elle n’est pas non plus de contrôler parfaitement tes pensées, tes émotions ou tes réactions. Peut-être qu’elle consiste simplement à apprendre à te rencontrer au moment où tu réagis :
- À faire une pause.
- À regarder.
- À distinguer le fait de l’histoire.
- Le danger réel du danger imaginé.
- La protection de la peur.
- L’intuition de l’anticipation.
- L’ego de l’ego blessé.
Et à cet endroit-là, quelque chose change.
Parce que tu ne subis plus automatiquement ce qui se passe en toi.
Tu redeviens celle qui choisit.
Et pour moi, c’est peut-être ça, finalement, le véritable pouvoir personnel : ne plus chercher à faire taire les différentes parties de soi, mais apprendre à choisir qui on laisse conduire.
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A bientôt dans un prochain article !
Nelly
