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Il y a quelques jours, j’ai eu une conversation avec mon fils Bastien qui m’a fait réfléchir à quelque chose que nous sommes nombreux à vivre sans même nous en rendre compte : notre difficulté à recevoir.
Bastien me racontait qu’il s’était mis dans le rouge financièrement parce qu’il s’était senti obligé de payer un verre à ses potes, simplement parce que, eux lui avaient payé un verre.
Je lui ai alors dit quelque chose qui m’a semblé évident :
« Mais s’ils t’ont payé ce verre, c’est peut-être simplement parce qu’ils en avaient envie. »
Ils avaient envie de partager un moment avec lui.
Ils avaient envie de lui faire plaisir.
Ils avaient envie de lui offrir ce verre.
Et ils n’attendaient peut-être absolument rien en retour.
Sa présence, sa bonne humeur, les discussions, les rires, le moment partagé, tout cela pouvait déjà être une façon de recevoir et de donner en même temps.
Il n’avait pas besoin de sortir sa carte bancaire pour équilibrer la balance.
Et cette conversation m’a donné envie de te partager un podcast que tu peux retrouver juste ici :
Pourquoi avons-nous tant de mal à recevoir ?
Parce que nous avons souvent appris à associer recevoir et dette.
Quelqu’un nous offre quelque chose et nous pensons immédiatement : « Il va falloir que je lui rende. »
Quelqu’un nous aide : « Je lui dois quelque chose. »
Quelqu’un nous invite : « La prochaine fois, ce sera à moi. »
Quelqu’un nous donne de son temps : « Je dois lui rendre son temps. »
Et sans même nous en rendre compte, nous transformons parfois un cadeau en obligation.
Nous ne recevons plus vraiment, nous faisons un échange.
Tu me donnes → je te dois.
Mais est-ce vraiment ça, recevoir ?
Recevoir ne signifie pas être redevable
Et si nous faisions une distinction entre le don véritable et le don transactionnel ?
Le don véritable est donné avec le cœur :
- Je donne parce que j’en ai envie.
- Je partage parce que cela me fait plaisir.
- J’aide parce que c’est juste pour moi à cet instant.
- J’offre parce que j’ai envie d’offrir.
- Je ne donne pas pour obtenir quelque chose en retour.
Et justement, parce que je ne donne pas pour obtenir, je n’ai pas besoin que tu me rendes mon don. Tu peux simplement le recevoir. Et lorsque tu le reçois, tu ne me dois rien. Parce que le vrai don ne crée pas de dette.
Mais alors, pourquoi recevons-nous ?
Parce que je ne crois pas que le recevoir soit quelque chose que nous devons «mériter» au moment où nous recevons. Nous pouvons recevoir aujourd’hui quelque chose qui est le fruit de ce que nous avons donné hier, et pas nécessairement à la même personne, pas nécessairement de la même manière, pas nécessairement sous la même forme.
Tu peux avoir donné ton écoute à quelqu’un il y a plusieurs années et recevoir aujourd’hui une opportunité professionnelle d’une autre personne.
Tu peux avoir aidé quelqu’un sans rien attendre et recevoir, des mois plus tard, une invitation qui change quelque chose dans ta vie.
Tu peux avoir offert de l’amour, de la présence, du soutien, de la joie et recevoir un jour quelque chose qui n’a absolument rien à voir avec ce que tu avais donné.
Le don n’est pas exclusif.
L’énergie du don peut circuler de mille manières, et c’est justement ce qui rend le recevoir si difficile pour notre mental : il aimerait pouvoir identifier l’origine, la destination et le montant de chaque échange :
- « J’ai donné ça, donc je dois recevoir ça. »
- « Elle m’a offert ça, donc je dois lui offrir ça. »
- « Il m’a aidée, donc je dois l’aider. »
Mais la vie ne fonctionne pas forcément comme une comptabilité.
Tu n’as pas besoin de rendre à celui qui t’a donné
C’est peut-être l’une des choses les plus libératrices que tu puisses intégrer : Tu peux recevoir sans rendre immédiatement.
Et même plus que ça : tu peux recevoir sans jamais rendre à la personne qui t’a donné.
Cela ne signifie pas profiter des autres, cela ne signifie pas prendre sans jamais donner, cela signifie simplement que le don n’a pas besoin d’être remboursé.
Si quelqu’un t’offre quelque chose avec le cœur, tu peux choisir de l’accueillir avec le cœur.
Et peut-être qu’un jour, tu donneras à quelqu’un d’autre, pas parce que tu dois, mais parce que tu en as envie.
C’est une circulation.
Pas une dette.
Attention au don par intérêt
Évidemment, tout cela est très différent du don par intérêt. Le don par intérêt fonctionne autrement :
- « Je te donne pour que tu me donnes. »
- « Je t’aide pour que tu m’aides. »
- « Je t’invite pour que tu m’invites. »
- « Je te donne mon attention pour que tu me donnes la tienne. »
Dans ce fonctionnement, il y a une attente cachée et lorsque tu fonctionnes ainsi, il devient presque impossible de recevoir simplement, parce que lorsque quelqu’un te donne quelque chose, ton cerveau ressort immédiatement la facture :
« Qu’est-ce que je vais devoir lui donner en échange ? »
Et tu ne profites même plus de ce que tu viens de recevoir.
Tu cherches déjà comment payer ta dette.
Et si tu recevais parce que tu es qui tu es ?
Tu peux recevoir simplement parce que tu es toi, parce que tu as déjà contribué, parce que tu as déjà donné, parce que tu existes dans un système de relations où chacun apporte quelque chose, consciemment ou non.
Tu n’as pas besoin de tout contrôler, tu n’as pas besoin de savoir exactement ce que tu as fait pour « mériter » ce que tu reçois, et surtout, tu n’as pas besoin de rendre immédiatement.
Imagine que quelqu’un te dise : « Tiens, je t’offre ça. » Et que, pour une fois, au lieu de chercher immédiatement comment équilibrer les comptes, tu répondes simplement :
« Merci. Je reçois. », sans justification, sans promesse, sans culpabilité, sans calcul.
Juste : « Merci. »
Le recevoir est aussi une forme d’ouverture
Recevoir demande parfois beaucoup plus de confiance que donner :
- Donner nous permet de rester dans une position connue.
- Nous contrôlons ce que nous offrons.
- Nous choisissons la quantité.
- Nous choisissons le moment.
- Nous pouvons même parfois nous sentir « utiles » à travers ce que nous donnons.
Recevoir, en revanche, nous place dans une position où nous devons accepter que quelqu’un d’autre contribue à notre vie.
Et pour certaines personnes, c’est inconfortable, parce que recevoir peut réveiller :
- La peur de devoir quelque chose ;
- La peur d’être dépendante ;
- La peur d’être redevable ;
- La peur de perdre le contrôle ;
- La croyance qu’il faut mériter ce que l’on reçoit ;
- La difficulté à croire que l’on peut être choisie, aidée ou soutenue sans contrepartie.
Alors parfois, nous préférons donner, donner encore, donner toujours, parce que donner nous semble plus sécurisant que recevoir.
Mais si tu veux faire évoluer ton rapport au recevoir, commence peut-être simplement par observer ce qui se passe en toi la prochaine fois que quelqu’un te donne quelque chose.
Alors… comment donnes-tu vraiment ?
Je te propose de prendre quelques minutes pour répondre honnêtement à ces questions.
Ne cherche pas les « bonnes » réponses.
Observe simplement ce qui est là.
Quand quelqu’un me donne quelque chose…
- Est-ce que je peux le recevoir sans chercher immédiatement à rendre ?
- Est-ce que je me sens reconnaissante… ou redevable ?
- Est-ce que je profite réellement du cadeau ou est-ce que je pense déjà à ce que je vais devoir faire en retour ?
Quand je donne…
- Est-ce que je donne parce que j’en ai réellement envie ?
- Ou est-ce que j’attends quelque chose, même inconsciemment ?
- Est-ce que je peux donner sans savoir si je recevrai quelque chose en retour ?
- Est-ce que je donne par amour ou pour être aimée ?
- Est-ce que je donne par générosité ou pour me sentir indispensable ?
- Est-ce que je donne parce que c’est juste pour moi… ou parce que j’ai peur de décevoir ?
Et surtout…
- Est-ce que je sais recevoir ? Parce que recevoir peut-être un véritable révélateur de notre relation à nous-même.
- Si tu crois que tu dois mériter pour recevoir, que peux-tu bien penser de ta propre valeur ?
- Si tu crois que tu dois rendre immédiatement, quelle place laisses-tu à la confiance ?
- Si tu crois que tout don crée une dette, quelle place laisses-tu à la générosité véritable ?
- Et si tu acceptais simplement l’idée que tout n’a pas besoin d’être équilibré immédiatement ?
Le don peut être une circulation, pas une transaction :
- Je donne.
- Tu reçois.
- Un jour, tu donneras peut-être à quelqu’un d’autre.
- Et quelqu’un d’autre recevra.
- Puis cette personne donnera à son tour.
- Sans contrat.
- Sans calcul.
- Sans dette.
- Simplement parce que nous sommes tous reliés à cette grande circulation du donner et du recevoir.
- Alors, la prochaine fois que quelqu’un te tend quelque chose avec le cœur, essaie peut-être de ne pas chercher immédiatement ce que tu vas devoir lui rendre.
- Respire.
- Regarde ce qu’on te donne.
- Et dis simplement :
- « Merci. Je reçois. »
- Parce que peut-être que recevoir pleinement est lui aussi une manière d’honorer celui qui donne.
- Et peut-être qu’en apprenant à recevoir sans dette, tu es aussi en train d’apprendre à donner sans attente.
À toi maintenant de choisir : veux-tu donner pour obtenir ou donner avec le cœur ?
Et surtout, observe ce que ce choix vient transformer en toi. Ne prends pas ces questions à la légère. Elles peuvent être un véritable tremplin pour ton évolution intérieure.
Et tu le sais maintenant : Évolution intérieure → changements extérieurs.
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Je partage ce que je vis, ce que je comprends et ce que j’expérimente parce que je crois profondément que nous n’avons pas besoin d’avoir tout compris pour avancer.
Nous pouvons simplement avancer ensemble, une prise de conscience après l’autre.
Je te retrouve très bientôt dans un nouvel article de blog.
D’ici là, observe ce que la vie essaie peut-être de te donner et entraîne-toi à le recevoir.
À bientôt dans un nouvel article,
Nelly
