On ne se rend pas toujours compte que l’on est conditionné.
On grandit avec des croyances, des habitudes, des façons de penser et d’agir que l’on finit par considérer comme des vérités. Elles nous semblent tellement naturelles qu’on ne pense même pas à les remettre en question.
On fait comme on nous a appris à faire. On pense comme on nous a appris à penser. On reproduit parfois, sans même en avoir conscience, des comportements qui se transmettent de génération en génération.
Jusqu’au jour où quelque chose vient percuter nos valeurs les plus profondes, nos aspirations, nos désirs. Cette petite voix intérieure qui nous souffle que la vie que nous sommes en train de vivre ne nous ressemble pas vraiment.
C’est précisément ce qui m’est arrivé avec mon burn-out.
Le jour où mon conditionnement a volé en éclats
Je n’avais jamais réellement remis en question la manière dont j’avais été élevée.
J’avais même placé ma mère sur un piédestal. Elle représentait une forme de modèle que je tentais inconsciemment d’atteindre.
J’avais intégré certaines vérités sans jamais me demander si elles étaient réellement les miennes :
- Être courageuse, c’était tenir.
- Être une bonne personne, c’était penser aux autres.
- Être responsable, c’était assumer.
- Être forte, c’était ne pas abandonner.
Et surtout, il fallait faire des efforts, beaucoup d’efforts, parfois même au détriment de soi.
Je ne voyais pas cela comme un conditionnement. Je pensais simplement que c’était ainsi que la vie fonctionnait.
Puis le burn-out est arrivé.
Et avec lui, tout ce que je croyais solide s’est effondré.
Dans un premier temps, j’ai cru que le problème venait de moi, que je n’étais pas assez forte, pas assez organisée, pas suffisamment capable. Je me suis même auto-sabotée en me répétant que j’étais nulle, que je n’arrivais pas à faire ce que les autres semblaient réussir à faire.
J’essayais de réparer quelque chose en moi pour pouvoir retourner à une vie qui, au fond, ne me convenait plus. Jusqu’à ce que je comprenne quelque chose : je n’étais pas en train d’échouer à vivre ma vie, j’étais en train de m’épuiser à vivre une vie qui ne respectait pas mes valeurs profondes.
Ma valeur fondamentale était la liberté.
Et mon conditionnement reposait sur le sacrifice.
Tu vois le conflit ?
Je voulais être libre, mais je m’étais construite autour de l’idée qu’il fallait se sacrifier pour être aimée, reconnue, appréciée et considérée comme une bonne personne.
À force de vouloir être à la hauteur de ce que je croyais être attendu de moi, je m’étais éloignée de ce qui comptait réellement.
Je t’en dis davantage au travers de mon dernier podcast en cliquant sur la vignette juste ici :
Se déconditionner, c’est accepter de remettre en question ses vérités
Le déconditionnement commence souvent par une prise de conscience inconfortable :
Et si ce que je croyais être une vérité n’était finalement qu’une croyance héritée ?
Et si je n’étais pas obligée de reproduire ce que j’avais toujours connu ?
Et si je pouvais aimer ma famille sans reproduire son fonctionnement ?
Et si je pouvais être une bonne personne sans me sacrifier ?
Et si je pouvais réussir sans m’épuiser ?
Et si je pouvais choisir une autre manière de vivre, même si personne autour de moi ne l’avait fait avant ?
C’est un véritable bouleversement intérieur.
Parce que se déconditionner, ce n’est pas simplement changer quelques habitudes ou adopter de nouvelles pensées positives, c’est parfois accepter d’abandonner des vérités auxquelles on a cru pendant des décennies, c’est remettre en question des loyautés invisibles, des injonctions familiales, des représentations de l’amour, du travail, de la réussite et même du bonheur, c’est cesser de confondre ce que l’on nous a appris à être avec ce que nous avons profondément envie de devenir. Et forcément, cela vient bousculer nos repères.
Quand tu changes, certaines peurs ressurgissent
Il y a quelque chose dont on parle assez peu lorsqu’on évoque le déconditionnement : les peurs qui l’accompagnent.
Parce que lorsque tu commences à penser différemment, à faire des choix différents et à ne plus répondre aux attentes auxquelles tu répondais jusque-là, tu peux avoir l’impression de mettre en danger tout ton équilibre relationnel :
- La peur de ne plus être aimée.
- La peur de ne plus aimer.
- La peur de décevoir.
- La peur de ne plus appartenir à ta tribu.
- La peur de trahir ceux qui t’ont précédée.
- La peur de ne plus être reconnue comme celle que les autres connaissent.
C’est là que les loyautés familiales peuvent devenir particulièrement présentes.
Tu peux avoir l’impression qu’en faisant autrement, tu rejettes ton histoire, tes parents ou les personnes que tu aimes.
Mais est-ce vraiment le cas ?
Est-ce que choisir une autre vie signifie que tu aimes moins ta famille ?
Est-ce que ne plus reproduire certains comportements signifie que tu renies ton éducation ?
Est-ce que ne plus te sacrifier signifie que tu deviens égoïste ?
J’ai appris, petit à petit, à dissocier l’attachement de l’amour.
L’attachement peut parfois nous pousser à maintenir une place, un rôle ou un fonctionnement pour ne pas risquer de perdre notre appartenance à un groupe.
L’amour, lui, n’a pas besoin que nous nous trahissions pour exister.
- Je peux aimer sans reproduire.
- Je peux aimer sans obéir.
- Je peux aimer sans porter ce qui ne m’appartient pas.
- Je peux aimer sans chercher à être validée.
- Et surtout, je peux m’autoriser à être différente.
Ce n’est pas toujours confortable. Cela demande du temps, de l’observation et beaucoup de douceur envers soi-même. Mais c’est aussi là que commence une autre forme de liberté.
Et si tu t’autorisais à ne plus vivre selon les vérités des autres ?
Aujourd’hui, je crois que l’une des plus grandes transformations que nous puissions vivre consiste à nous interroger sur les fondations mêmes de notre identité, pas pour tout rejeter, pas pour accuser notre éducation, pas pour chercher des responsables à notre mal-être, mais pour reprendre notre pouvoir de choisir.
Parce que certaines croyances nous ont peut-être aidées à avancer à une époque de notre vie, mais elles ne sont pas nécessairement celles qui nous permettront de construire la vie dont nous avons envie aujourd’hui.
- Tu as le droit de changer d’avis.
- Tu as le droit de vouloir autre chose.
- Tu as le droit de ne plus être celle que tu as toujours été.
- Tu as le droit de rêver plus grand, plus beau, plus libre.
Et tu n’as pas besoin d’attendre qu’une crise vienne tout faire exploser pour commencer à te poser ces questions.
Quelques questions pour amorcer ton propre déconditionnement
Prends un instant pour toi. Ne cherche pas les bonnes réponses. Laisse simplement émerger ce qui vient :
- Quelles sont les vérités sur la vie que tu n’as jamais pensé à remettre en question ?
- Qu’as-tu appris sur l’amour, le travail, la réussite ou la famille ?
- Quelles attitudes reproduis-tu simplement parce que c’est ce que tu as toujours connu ?
- Quelle partie de toi as-tu appris à mettre de côté pour être aimée, acceptée ou reconnue ?
- Si tu n’avais plus peur de décevoir personne, qu’est-ce que tu ferais différemment ?
- Quelle valeur profonde de ton être n’est plus respectée dans ta vie actuelle ?
- Et surtout, de quoi as-tu envie aujourd’hui, indépendamment de ce que l’on attend de toi ?
Ne cherche pas à tout bouleverser en une journée. Commence simplement par observer, prendre conscience, faire de la place à d’autres possibilités.
Parce que parfois, le plus grand changement ne consiste pas à devenir quelqu’un d’autre.
Il consiste à cesser d’être quelqu’un que l’on a appris à être.
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